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112 PAGES D'HISTOIRE LOCALE Bulletin n° 154 de la Société historique et archéologique d'Arcachon et du Pays de Buch Novembre 2012 
Au sommaire Éditorial - Affligeant ! (Michel Boyé) Chers adhérents, chers amis lecteurs, prenez garde à votre réputation et à votre Q.I. en parcourant ce dernier opuscule de l’année 2012. Si l’on en croit un de ces porte-flingue surdiplômés qui gravitent autour des sphères politiques locales, la revue de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch n’est qu’« une vulgaire feuille de chou ». Il s’agit là de la dernière amabilité en date, proférée à l’encontre de bénévoles qui ne ménagent pas leur temps au service de la collectivité. Il est vrai que, les yeux rivés sur le passé et arc-boutés sur la défense du patrimoine, nous ne faisons pas retentir les trompettes de la renommée lorsque surgissent sur les rives du Bassin d’Arcachon, pour le plus grand bonheur des générations futures, de nouveaux Mansart, Le Corbusier ou autre baron Haussmann, ou lorsque viennent s’exhiber les Colette ou Raimu d’aujourd’hui ! Nous avons l’impudence de croire que chacun doit rester dans son rôle : comme disait un anonyme intelligent, « chacun son métier et les vaches seront bien gardées » ! D’autant qu’à la SHAA, nous sommes en droit de nous demander qui remplit pleinement son rôle ! Certes, nous assistons depuis plusieurs années à l’exploitation généralisée du monde associatif, finances locales délabrées obligent. Pour notre part, nous constatons une nette accélération de … l’Histoire ; nous sommes désormais systématiquement mis à contribution par les services municipaux de la communication, des relations publiques, de la culture, les offices du tourisme et autres officines, dès l’instant où la machine à remonter le temps s’égare en deçà de l’an 2000. Lire la suite dans le Bulletin (2 pages) In memoriam Jean Valette (1929-2012) (Michel Boyé) Le lundi 2 juillet, alors même que notre bulletin de l’été était sous presse, nous apprenions avec une infinie tristesse la disparition de notre président d’honneur, M. Jean Valette, le 30 juin à l’âge de 83 ans. Beaucoup de nos adhérents ignorent non seulement sa brillante carrière mais aussi et surtout tout ce que nous lui devons. Avant de rappeler les contributions essentielles de Jean Valette à l’essor de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, qu’il me soit permis d’emprunter la notice biographique que lui consacra Jean-Jacques Amyot, dans son ouvrage La naissance de la gérontologie : Jean Bassaler, témoin et acteur, paru en 2006 : "Jean Valette, né à Bordeaux en 1929, études au collège La Boétie (Sarlat), Lycée Henri IV (Paris), Ecole des Chartes. Archiviste paléographe (1955). Directeur des archives de Madagascar, conservateur aux Archives nationales, directeur des archives de la Gironde…" Lire la suite dans le Bulletin (2 pages) La Ville d’Automne, entre légendes et réalité (Michel Boyé) Le 20 septembre 1876 était constituée à Paris la Société civile des terrains et villas d’Arcachon ; son but affiché était de concourir au développement d’Arcachon. Elle possédait en effet « 55.000 mètres de terrains plantés de pins, compris entre la route départementale sise en face de la mer et l’avenue Saint-Ferdinand près la gare, sur lesquels elle a(vait) l’intention de construire des villas et chalets comme il en exist(ait) dans la ville d’hiver ». Pour acquérir des obligations au porteur émis par cette société, les correspondants à Arcachon n’étaient autres que les banquiers associés Jules Dubos et Jean Mauriac. Même si elle paraissait modeste et semblait devoir se limiter à une vingtaine de constructions, cette nouvelle opération immobilière séduisit. Au début de l’été 1877, L’Avenir d’Arcachon pouvait informer ses lecteurs que « dans la paroisse Saint-Ferdinand, la Société civile […] construi(sai)t huit chalets… », avant de conclure : « On voit qu’en ce moment Arcachon traverse une phase importante qui fera le plus grand honneur à l’administration municipale qui nous régit actuellement ». Cette conclusion dut remplir d’aise le premier magistrat de la ville Adalbert Deganne qui avait été réélu conseiller municipal le 6 janvier et maire le 21 janvier… et qui avait peut-être cédé une partie des 5 hectares et demi, pour réaliser ce nouveau lotissement. Lire la suite dans le Bulletin (9 pages). L’église Saint-Vincent de La Teste (Patrick Faure) La construction de la porte principale et du balet - Depuis sa fondation, l’église Saint Vincent de la Teste a été l’objet de nombreuses campagnes d’agrandissement, d’embellissement et de rénovation. Son développement progressif se lit encore dans la pierre, bien que les matériaux principaux ayant servi à sa construction, garluche et pierres de lest, aient été utilisés à toutes les époques. Deux périodes, caractérisées par un style architectural spécifique, sont ainsi inscrites dans son gros œuvre : la période encore influencée par l’art roman qui a présidé à la naissance de l’église et à la construction du noyau primitif et la période déjà soumise aux règles de l’art gothique qui a accompagné l’extension du lieu de culte, rendu nécessaire par l’accroissement de la population et, peut-être aussi, le changement de destination de l’édifice. Le 17 mars 1642, alors que des réparations viennent à peine de se terminer dans la nef, une nouvelle campagne de travaux est entreprise pour doter l’église d’une porte monumentale et poser les bases de ce qui deviendra le balet. Pour être sûrs que le résultat sera conforme à leur attente, les commanditaires de l’opération imposent alors, au maître d’œuvre qu’ils ont choisi, un cahier des charges très précis dont les articles sont énoncés dans un acte notarié ayant valeur de marché. C’est cet acte, heureusement conservé, qui permet de connaître les circonstances de cette réalisation. Pour comprendre l’investissement et l’intérêt que représente le projet, il convient, tout d’abord, d’examiner le rôle de ses acteurs, ceux qui en sont à l’origine comme celui qui est chargé de le mener à bien. L’examen des clauses du contrat permettra ensuite d’apprécier les garanties dont se sont entourés les contractants et, également, de comprendre la nature des travaux à effectuer. Lire la suite dans le Bulletin (9 pages). Les « pins-bouteilles » de la Forêt Usagère de La Teste-de-Buch (Bertrand Quinton) Derniers vestiges du gemmage à l’ancienne et notamment du « gemmage à mort » pour les plus exceptionnels, ces pins maritimes curieux sont appelés « pins-bouteilles » de par leur forme actuelle (fig.1 et 2). On dit aussi roués ou boursouflés. Ces pins remarquables, gemmés sur tout leur pourtour, sont encore présents dans notre région, et plus particulièrement dans la Forêt Usagère de La Teste de Buch (fig. 3). Ils présentent des bourrelets longitudinaux de cicatrisation sur toute leur circonférence (appelés ourets) et sur toute la hauteur de gemmage. La Forêt Usagère de La Teste-de-Buch s’étendant sur 3.800 hectares, est unique en son genre ; héritage de massifs anciens établis sur les dunes et datant des forêts du quaternaire, elle est régie par des concessions seigneuriales appelées « baillettes », dont la plus ancienne date de 1468, et qui sont toujours en vigueur. Ces documents règlementent les Droits d’Usage applicables aux habitants de La Teste-de-Buch, Gujan-Mestras et aussi Arcachon et Le Cap-Ferret (pointe uniquement). Par ailleurs, cette forêt se régénère naturellement et les prélèvements de bois d’œuvre dont peuvent bénéficier les usagers sont soumis à une stricte règlementation. Le gemmage - Dans la forêt usagère tous les pins étaient gemmés sauf les « pins-bornes » servant à délimiter les parcelles. Le gemmage consistait à pratiquer une blessure au pin (care) à l’aide du « hapchot » (outil de résinier tranchant) et à récolter le produit de cicatrisation - la gemme - (ou résine). Lire la suite dans le Bulletin (12 pages). Facture-Biganos III : la papeterie menacée mais gagnante (1975-2008) (Hubert Bonin) Une fois les Trente Glorieuses traversées, donc une période d’expansion forte, la Cellulose du Pin est elle aussi confrontée à la Grande Crise allant du milieu des années 1970 au milieu des années 1990, une crise de restructuration intense de l’appareil productif des pays développés. Elle est imposée par l’émergence de la troisième révolution industrielle, de l’électronique notamment, maîtresse des processus et levier d’une large automatisation des « tâches ». En parallèle, la compétition intra-européenne s’est intensifiée, avec l’élargissement de l’Union européenne. Puis, à partir des années 1990, l’entreprise est plongée dans la globalisation, c’est-à-dire une mondialisation de la compétition : des catégories de papier sont ainsi importées du Brésil ou d’Australie, tant les coûts logistiques se sont effondrés ! L’usine de Facture-Biganos peut-elle survivre à de tels chocs ? Un destin troublé - C’est l’ensemble du secteur du papier qui est ébranlé par la crise générale, au tournant des années 1980, et l’usine girondine n’est qu’un pion sur l’échiquier européen. À l’échelle française, ainsi, la majorité des usines situées au plus près des marchés de consommation doivent fermer les unes après les autres ; le plus important est la fermeture des sites classiques situés dans la grande couronne parisienne ou sur des axes de transport, comme la vallée du Rhône ou l’Alsace. Tous ces établissements ne disposent plus en effet de ressources en matières premières abondantes et relativement bon marché, parce que les forêts proches ne sont plus elles-mêmes assez productives. Ces deux ensembles sont surtout marqués par une taille insuffisante des machines et des coûts de production trop élevés(2). Il faudrait investir massivement, alors que la fragmentation des entreprises les rend trop fragiles, ce qui débouche souvent sur leur crise (Chapelle-Darblay, Rochette-Cenpa, Cellulose du Rhône & d’Aquitaine, avec son usine du piémont pyrénéen, etc.). Des projets de regroupement à l’échelle française capotent presque tous, tant le « patriotisme » d’entreprise est vigoureux… Lire la suite dans le Bulletin (15 pages) Digneaux Jean, dit Daniel (Biganos, 1884 - Audenge, 1964) (Madeleine Dessales et Roger Castet) Un amour fou pour la forêt - Daniel Digneaux reste présent dans les mémoires surtout dans celles des habitants du Nord-Bassin. La viographie locale en témoigne, de la rue Daniel-Digneaux à Marcheprime jusqu’au boulevard Daniel-Digneaux à Andernos, en passant par les rues, lieux de mémoire, de Biganos et Audenge. C’est une personnalité locale, mais aussi reconnue au niveau départemental, régional et même national. Daniel Digneaux a mis ses activités politiques au service de « l’arbre d’or » dont il a été le promoteur, le défenseur, le protecteur. Les souvenirs de cet homme sont encore très présents, chez beaucoup de personnes, qui rendent hommage à ses actions pour qu’on ne les oublie pas. Quelques repères biographiques - Une vie simple, transparente, et pourtant une question reste sans réponse quand le vécu ne correspond pas aux actes officiels de l’état-civil. Pourquoi Daniel, puisque sur tous les actes de l’état civil c’est Jean Digneaux ? Petit mystère qui reste à ce jour sans explication3 ; tous ceux qui se rappellent de lui ne l’ont connu que prénommé Daniel et autant la viographie que toutes les archives, sauf celles de l’état-civil, le prénomment ainsi. Autre énigme : son frère4 né le 24 décembre 1886, prénommé aussi Jean sur les actes d’état-civil et ainsi appelé par sa famille, est connu par les locaux sous le prénom d’Ismaël, prénom qu’il ne voulait pas porter, se souvient sa belle-fille, Geneviève Digneaux d’Andernos-les-Bains. On s’y perd : deux Jean (officiels) l’un appelé Daniel, l’autre qui veut s’appeler Jean mais qui est connu comme Ismaël. Lire la suite dans le Bulletin (23 pages). Antoine de Sauvage, un maire d’Andernos oublié (Bernard Eymeri) Antoine de Sauvage est maire d’Andernos de 1826 à 1834. Ildisparaît vite des mémoires. Aucune rue ne porte son nom. Oublié de tous, il n’est connu aujourd’hui que de quelques amateurs d’histoire locale. Il apparaît brièvement dans quelques publications, où est surtout cité son élevage original de dromadaires. Et pourtant, sa vie n’est pas « un long fleuve tranquille » ; elle mérite d’être connue, celle de sa famille aussi et en particulier celle de son fils qui est sans doute la plus périlleuse. Précisons tout d’abord qui est vraiment Antoine de Sauvage : contrairement à certains écrits, il n’est ni Antoine Charlet de Sauvage, ni le Vicomte ni le Marquis Antoine des Marrons de Sauvage. Au fil de nos recherches, de nouvelles découvertes nous ont fait nous interroger sur sa vie et sa véritable personnalité. Noble, royaliste, fortuné, cultivé, esprit éclairé, progressiste, il semble être un adepte de la doctrine de Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon. Très en vogue au début du XIXe siècle, cette doctrine socio-économique est considérée comme fondatrice de la nouvelle société industrielle par l’aristocratie française. Après les excès de l’Ancien régime et de la Révolution, elle préconise un changement de société afin qu'elle soit plus fraternelle, basée sur l’égalité, la paix et le "bien commun", administrée par ses membres considérés comme les plus compétents : ingénieurs, scientifiques, intellectuels, artistes…Antoine de Sauvage pense certainement faire partie de cette catégorie. Est-ce un signe de son destin ? Il naît sous la Terreur, le 15 frimaire de l’an II(5 décembre 1793) à Villenave, qui deviendra plus tard d’Ornon, fils de Pierre Bénoni de Sauvage (1765-1831) et deMarie Catherine Elisabeth de Trigant (1774-1848). Lire la suite dans le Bulletin (21 pages). Textes et documents - Deux plumes et le Bassin d’Arcachon : - Pierre Loti - Notre ami Jean Dazens a évoqué dans le n° 79 de notre revue les liens particuliers qu’entretenait Pierre Loti avec le Bassin d’Arcachon. Sous le titre « Un marin de Pierre Loti », il a retracé les trois séjours que Julien Viaud fit en 1902, 1903 et 1911 à Meyran, pour rendre visite à l’un de « ses marins dévoués », Osman Daney.A la même époque, s’il avait poussé jusqu’à Arcachon, l’officier de marine aurait pu rencontrer un autre marin qui avait servi sous ses ordres, Pierre Leyo. Sa petite-fille, Mme Éliane Keller, a en effet retrouvé la fiche du matelot de 3e classe, signée par Julien Viaud ; un matelot reçu le 10 octobre 1910, « patron au bornage ». Lire la suite dans le Bulletin (2 pages) - Jean Cocteau - Autre plume souvent évoquée dans le bulletin de la SHAA, par Anne Debeaumarché, Jacques Clémens et le docteur Robert Fleury : Jean Cocteau. Un de nos adhérents nous a adressé une reproduction d’une carte postale de sa collection, illustrée par trois parqueuses de Piquey, qui ont inspiré Cocteau ; celui-ci les baptise en effet du nom de ses muses préférées (?) : Clio (muse de la poésie épique et de l’histoire), Thalie (muse de la comédie) et Melpomène (muse de la tragédie). Lire la suite dans le Bulletin (2 pages) Concordances et destins croisés entre les compositeurs Gounod et Nietzsche (Jean-Claude d’Ozouville et Carlo Loré) Le samedi le 15 septembre 2012, dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, l’Ensemble vocal Loré a donné, en l’église Notre-Dame des Passes, au Moulleau, un concert exceptionnel. A l’origine de cette belle prestation, se trouvait un membre de notre société, Jean-Claude d’Ozouville, qui nous a autorisés à publier les « confidences » qu’il a faites à l‘auditoire pour expliquer le concert qu’il venait d’entendre. Pourquoi ce concert - Après ces pages d’élégance, je suis convaincu plus encore que si l’une des fonctions de l’art – quel qu’il soit – est, comme le disait Picasso, de « « faire lever l’âme de la poussière de tous les jours », son devoir essentiel est, comme l’écrivait Romain Rolland, de supprimer la violence. Merci à l’Ensemble vocal Loré pour ce concert autour des compositeurs Gounod et Nietzsche, concert dont deux de mes objectifs furent dans le thème « Les patrimoine cachés » - thème de ces Journées européennes du patrimoine 2012 : de vous faire connaître une messe inédite de Gounod et de découvrir (ou redécouvrir) le Miserere mei Deus (Pitié pour moi, mon Dieu) du futur philosophe Nietzsche - Nietzsche dont je véhicule, dans mon portefeuille : « Donner à l’existence un sens esthétique, augmenter en nous le goût de la vie, c’est la condition préalable à la passion de la connaissance ». Lire la suite dans le Bulletin (10 pages). Vie de la Société (Aimé Nouailhas) 3 pages.
Date de création : 22/11/2006 • 22:14
Dernière modification : 29/11/2012 • 09:33
Catégorie : Derniers Bulletins
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