Archives pour la catégorie Souvenirs & récits

La pinasse vue par Gilbert Sore

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La Pinasse

Extrait de l’ouvrage

« DE BAQUEMORTE À MAPOUCHET

La Teste aux environs de 1900 ».

 

À l’époque, pour faire la navette entre le port et les parcs, le seul moyen de transport, c’est la pinasse.

Prestigieuse embarcation, fine, élancée, avec sa proue légèrement relevée, « elle a l’élan de l’arbre et la courbe du sein ». Elle se défend remarquablement à la mer. Légère et sans quille, elle permet l’approche du parc avec un mini­mum de profondeur d’eau.

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Quand les Sarrasins s’embarquaient à Arcachon…

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Quand les Sarrasins s’embarquaient à Arcachon…

 

André de MANDACH, « Chronique dite Saintongeaise », (Max Niemeyer Verlag, Tübingen, 1970, 360 pages et 1 planche hors texte)

 

M. de MANDACH nous offre cette fois l’édition intégrale du « Turpin interpolé » du manuscrit LEE (p. 255-352). Or il considère « Tote listoire de France » et ce « Turpin » comme les volets du « diptyque littéraire » (p. 19) que serait la « Chronique Saintongeaise ». Cette édition partielle de la chronique est ainsi précédée d’une très longue analyse (251 pages) des caractères linguistiques et du contenu historique de l’ensemble de la chronique. D’après cette minutieuse analyse, elle serait l’œuvre « d’un savant de St Seurin de Bordeaux dans les années 1205-1220 environ, dans une scripta franco occitane émaillée de gasconismes » (p. 7).

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Au Bassin d’Arcachon

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Au Bassin d’Arcachon

Extrait de l’Avenir d’Arcachon N° 2418 du 12/06/1898

Dans la petite salle vitrée du restaurant, des étrangers mangent avec ce bon appétit que donne le voisinage de la mer tandis que, la serviette sur le bras, Pierre fait le service, empressé et sautillant.

Près de la fenêtre entr’ouverte, en face du magnifique Bassin, je cause avec mon ami Kobus en savourant des soles d’une délicieuse fraîcheur. Il me détaille un affriolant programme de courses dans la forêt, d’excursions vélocipédiques, de promenades en bateau. Sa joviale et grosse figure, éclairée de finesse, fait plaisir à voir. Il a de très larges épaules, des muscles puissants et très agiles, et, dans un corps d’athlète, une âme toute bonne, toute franche, toute délicate, de géant des contes de fées.

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58 jours sur des échasses….

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Dornon titre

Sylvain Dornon

58 JOURS
SUR DES ÉCHASSES
DE PARIS À MOSCOU

PRÉFACE

On n’a pas oublié le voyage original que fit l’année dernière, sur des échasses, Sylvain Dornon, l’ancien berger des Landes, boulanger à Arcachon.

Il n’est personne pour ignorer le long itinéraire qu’il parcourut, de ville en ville, à travers les bois et les montagnes, ne craignant pas de traverser le territoire de nos ennemis pour aller serrer des mains amies.  Son but, un journaliste distingué, M. Ch. Laurent, l’a dépeint dans toute sa simpli­cité, en même temps que dans toute sa vérité, en ces termes :

« II n’y va pas comme Atchinoff est venu chez nous, pour une œuvre aventureuse de politique ou d’intérêt ; il n’y va pas comme est venu Winter, soucieux de faire une longue marche de soldat entre sa patrie et la nôtre pour démontrer l’état d’entraînement de sa race et pour serrer la main à ses frères d’armes de l’avenir. Non, lui, c’est un simple paysan, d’une des régions les moins connues, les moins instruites et les moins heureuses de la France. Il a naïvement recueilli tout ce qui se disait de l’alliance occulte et pour ainsi dire instinctive des deux peuples. Il a voulu aller voir de ses yeux le pays du tsar blanc et lui faire honneur, et doubler en même temps son propre mérite par les difficultés matérielles du voyage. Il n’a rien à gagner à cela : rien que d’avoir fait un grand effort et d’avoir ainsi montré une plus grande et plus naïve affection pour ceux qu’il va visiter1. »

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Mémoires posthumes de Marie Bartette (1)

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(Journal d’Arcachon à partir du N° 1162 du 3 décembre 1966)

MÉMOIRES POSTHUMES DE MARIE BARTETTE – 1

Bartette

Dans ce journal qui se présente sous une forme nouvelle, dans ce numéro qui paraît immédiatement après la cérémonie de dimanche qui a maqué l’anniversaire du décès de son ancienne directrice, Marie Bartette, nous avons pensé qu’il était bon d’y commencer la publication des mémoires qu’elle nous avait légués.

Il nous semble ainsi qu’elle préside encore aux destinées de ce journal qui lui fut si cher et qu’elle le patronne dans sa nouvelle formule.

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Mémoires posthumes de Marie Bartette (2)

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(Journal d’Arcachon à partir du N° 1162 du 3 décembre 1966)

MÉMOIRES POSTHUMES DE MARIE BARTETTE – 2

LA B.B.C.

Cette petite alerte nous engage à la prudence et pendant quelques mois, nous commentons les événements, nous lisons les livres interdits et les faisons circuler, et nous écoutons la radio. L’émission de 9 heures et quart de la BBC, suivie de celle « Les Français parlent aux Français », connaît un succès prodigieux. La discussion des trois amis, la petite Académie nous distraient de notre permanent obsession. Nos oreilles blessées par la bassesse de la propagande nazie sont-elles trop indulgentes ? Je ne crois pas. Je crois que nous avons raison de dire que ces hommes dont les noms nous sont familiers et chers : Pierre Bourdan, Jean Marin, Jacques Duchesne, les trois premiers connus, puis Jean Oberlé, Jacques Morel et tous les autres, sont pétris d’esprit, débordants de talent, et que toutes leurs émissions sont de petits chefs-d’œuvre radiophoniques.

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Mémoires posthumes de Marie Bartette (3)

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(Journal d’Arcachon à partir du N° 1162 du 3 décembre 1966)

MÉMOIRES POSTHUMES DE MARIE BARTETTE – 3

ÉVACUERA-T-ON ARCACHON ?

Depuis près de deux ans, les Allemands sont installés à Arcachon dans les grands hôtels, et peu à peu, ils les évacuent pour la nuit et vont coucher dans des villas où ils se trouvent mêlés à la population.

Ils redoutent donc les bombardements de la Royal Air Force et ne veulent pas continuer à garder leurs hommes trop rassemblés. On parle périodiquement de l’évacuation de la ville. J’ai assez de peine à y croire car nous ne sommes pas et nous ne pouvons pas être un point stratégique. Notre présence protège les Allemands beaucoup plus qu’elle ne les dérange. Ils savent qu’il existe parmi nous des espions qui les surveillent et que des renseignements partent et arrivent en Grande-Bretagne, mais ils savent bien que ces hommes décidés s’arrangeront toujours pour rester sur place en cas d’évacuation ou tout au moins un bon nombre d’entre eux.

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Mémoires posthumes de Marie Bartette (4)

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(Journal d’Arcachon à partir du N° 1162 du 3 décembre 1966)

MÉMOIRES POSTHUMES DE MARIE BARTETTE – 4

LA SITUATION DEVIENT CRITIQUE

La situation de tous nos groupements devient de plus en plus critique. Les arrestations se multiplient à une cadence accélérée, on quitte des amis en se demandant si on les reverra. On se couche sans savoir si on passera la nuit dans son lit.

Vie étrange, tourmentée, incertaine. Elle serait exaltante si on était seul à courir des risques, elle est trop lourde de l’inquiétude que l’on éprouve pour tous en général et pour ceux qu’on aime en particulier.

Passage éventuel des consignes

Le commandant de Luze vient me voir souvent. Rien n’altère son entrain et sa bonne humeur, mais je lis quand même sur ses traits la fatigue des soucis qui l’accablent.

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Mémoires posthumes de Marie Bartette (5)

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(Journal d’Arcachon à partir du N° 1162 du 3 décembre 1966)

MÉMOIRES POSTHUMES DE MARIE BARTETTE – 5

 

Les cachots du Bouscat

« De profondis at te domine »

Le car s’arrête devant une grande maison entourée de beaux arbres qu’une grille sépare de la large avenue qui porte le nom du maréchal. Par un perron, nous pénétrons dans le corridor, un soldat me retire ma mallette et mon sac. Ils ouvrent une porte qui dissimule l’escalier de la cave, un soldat passe le premier, un autre derrière moi ferme la marche. Nous sommes dans la cave de la maison, une cave voûtée, sombre et froide, quatre portes avec de grosses serrures et des barres de fer se trouvent deux à droite de l’escalier, deux à gauche. Les soldats ouvrent la première porte à gauche et je vois un cachot d’environ deux mètres de long sur 1 m. 50 de profondeur, et de 1 m. 25 à moins de 2 mètres de hauteur selon l’endroit.

Pour tout meuble, une petite couchette très étroite en bois, sur des pieds d’environ 0 m. 75 avec un mince matelas et une couverture.

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Marie Bartette – Les étapes d’une déportée

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(Journal d’Arcachon à partir du N° 45 du 16 juin 1945 au 30 mars 1946)

LE DÉPART DU FORT DU HÂ

Grande animation dans les cellules de la Section Allemande du Fort du Hâ (Section des femmes) dans la première semaine du mois d’août 1944. Un certain nombres de prisonnières viennent d’âtre appelées pour passer une visite médicale en vue d’un départ ; à peu près 40 % de l’effectif total.

Partir ? Mais où partir ? demandent sur des tons divers mes compagnes de la cellule 9. Dans un camp de concentration ? En Allemagne ? À Mérignac ? Les bruits les plus divers circulent, il y a de l’angoisse dans certains regards. Le Fort du Hâ est surpeuplé, nous sommes 17 dans une cellule de 12 lits, il fait une chaleur atroce et déprimante. Peut-être veut-on simplement décongestionner la prison et envoyer ailleurs, à Mérignac peut-être, celles qui ont été appelées. je constate assez vite que tous les cas politiques sont justement choisis pour ce départ, ce n’est point de bon augure, mais je reste toujours optimiste. À quoi bon s’inquiéter lorsque l’on a perdu la maîtrise de son destin ? La visite médicale est une vaste plaisanterie. On nous fait descendre dans un corridor du rez-de-chaussée (la cellule 9 est au premier) et là, on nous invite à défaire nos blouses et nos robes de façon à dégager un peu nos épaules. Le médecin allemand passe en uniforme et ganté. Il nous regarde à peine et disparaît très vite. Nous rions en remontant nos robes. C’est une constatation de sexe ; il sait évidemment, ce docteur, que nous sommes bien des femmes, mais il ignore totalement si nous sommes bien portantes ou malades.

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