2014 – La Teste-de-Buch

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Assemblée générale de La Teste-de-Buch le 19 janvier 2014

 

Théâtre Cravey, à 10 heures

Présents ou représentés : 243 – Le quorum requis étant de 219, l’assemblée peut délibérer valablement.

La séance est ouverte à 10 h 00 par Madeleine Dessales, coprésidente, en présence de MM. Jacques Chauvet, conseiller général de La Teste-de-Buch, Jean-Jacques Eroles, maire de La Teste-de-Buch, Bernard Eymeri, adjoint au maire chargé de la culture, représentant M. le Maire d’Andernos-les-Bains, Bernard Lummeaux, adjoint au maire chargé de la culture, représentant M le Député-maire d’Arcachon, Alain de Neuville, adjoint au maire, représentant M. le Maire de Lanton, Mme Chantal Dabé, conseillère municipale chargée du patrimoine, représentant Mme la Sénatrice-maire de Gujan-Mestras, et M. Pierre Lataillade, maire honoraire d’Arcachon.

Armelle Bonin-Kerdon, coprésidente, adresse, au nom de la Société, ses remerciements à la Ville de La Teste-de-Buch pour l’accueil et le prêt du Théâtre Cravey. M. le Maire prend la parole pour souhaiter la bienvenue aux participants et saluer le travail mené par Michel Boyé qui vient de quitter la présidence de la Société historique en août dernier.

Le COMPTE RENDU de l’assemblée générale tenue le 20 janvier 2013 à Biganos est approuvé à l’unanimité. Aimé Nouailhas, secrétaire, propose à l’assemblée d’envoyer par courriel la convocation à l’assemblée générale de janvier 2015 aux adhérents qui possèdent une adresse électronique. Cette proposition est adoptée à l’unanimité.

Le RAPPORT D’ACTIVITÉ pour l’année 2013 est lu par le secrétaire. Ce rapport est approuvé à l’unanimité. Il est joint en annexe 1.

Armelle Bonin-Kerdon prend la parole pour présenter les PERSPECTIVES qui s’offrent à la Société dans les années à venir, ces perspectives étant des propositions pour le futur Conseil d’administration qui se réunira suite à cette Assemblée Générale. Elle souligne que l’intérim de la présidence, exercé depuis août 2013, a été un intérim de plein engagement et qu’il a lancé des pistes de travail effectives, se situant d’ailleurs dans la continuité de l’œuvre du président Boyé. Voir le document en annexe 2.

Le COMPTE RENDU FINANCIER 2013 et le budget prévisionnel 2014 sont présentés par le trésorier, Jean-Claude Riehl. Il remercie les communes qui octroient une subvention à la Société.

Madeleine Dessales lit ensuite le rapport du vérificateur aux comptes, André Stéfanelly : « En exécution de la mission qui m’a été confiée, je vous présente mon rapport relatif à l’exercice 2012 sur le contrôle des comptes annuels de la SHAA. Les comptes ont été arrêtés par le trésorier de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch à la date du 31 décembre 2013. Ceux-ci sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière de l’association à la fin de cet exercice.»

Le compte rendu financier est approuvé à l’unanimité. Celui-ci est joint en annexe 3.

Le budget prévisionnel 2014 est approuvé à l’unanimité. Il est joint en annexe 4.

MODIFICATION DES STATUTS – Après discussion, le projet de modification des statuts est adopté à l’unanimité moins une abstention. Les statuts modifiés sont joints en annexe 5.

ÉLECTIONS au conseil d’administration :

Tiers sortant : Armelle Bonin-Kerdon et Jean-Claude Riehl qui se représentent, Patrick Boyer, décédé, Michel Boyé, Noël Courtaigne et Michel Jacques qui ne se représentent pas.

Ont fait acte de candidature : Chantal Dabé, Bernard Bazoin Jean-Marc Bestaven, Jean-Marie Blondy, Jean-Michel Caué, Patrick Faure, Jean Mazodier.

Après proposition et approbation par l’assemblée d’un vote à main levée, les neuf candidats ont été élus ou réélus à l’unanimité moins une abstention.

QUESTIONS DIVERSES :

Une seule intervention a lieu. Michel Boyé rappelle qu’une décision avait été prise en conseil d’administration d’éditer sur papier l’ensemble des tables décennales indexées des articles publiés dans le bulletin, depuis la refondation de la Société en 1972 jusqu’à 2012, son quarantième anniversaire. Il demande pourquoi cela n’a pas été suivi d’effet.

Armelle Bonin-Kerdon lui répond que cette décision était conditionnée aux demandes expresses des adhérents, sollicités spécifiquement dans un numéro du bulletin à ce sujet. Devant l’absence de réponse, la Société a considéré plus judicieux et économique de se contenter d’une mise à disposition numérique de ces tables sur le site Web. Ainsi une version imprimée peut être réalisée par l’usager lui-même ou, à la demande, par la Société historique, qui l’envoie à l’intéressé.

Les participants écoutent ensuite avec un très grand plaisir la conférence-projection « L’histoire ancienne de La Teste de Buch – Des mythes historiques à la réalité archéologique » présentée par Philippe Jacques.

Ils sont enfin conviés à un vin d’honneur offert par la municipalité de La Teste-de-Buch, pendant lequel Armelle Bonin-Kerdon, au nom des adhérents, remercie chaleureusement Michel Boyé pour son action menée en tant que président pendant plus de 25 ans, et retrace les points essentiels de sa politique. Elle conclut en espérant que le président maintenant « honoraire » continuera à accompagner la Société de son expérience, de ses conseils, et de sa grande connaissance de l’Histoire du pays de Buch.

Compte rendu d’activité 2013

Nous vous le redisons encore cette année, c’est avec un énorme plaisir que notre équipe à animé notre association tout au long de l’année avec de nombreuses activités.
J’avais l’intention de faire court et de m’arrêter là mais les membres du bureau, parodiant Cyrano, se sont exclamés :
« Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
Il nous faut des chiffres, des indicateurs, des tableaux de bord, des détails, des bilans, des pourcentages, des ratios, des quotas ! »
C’est ainsi que je me suis résolu à étoffer la version initiale de ce compte rendu en lui adjoignant quelques éléments supplémentaires que vous allez devoir écouter.
744, c’est le nombre d’adhérents et d’abonnés au bulletin. En 2013, nous avons eu la joie d’accueillir 84 nouveaux adhérents soit 11,3 % de notre effectif actuel. Si nous comparons avec notre effectif de la fin 2012 (687), nous constatons une progression de 8,3 %. La différence entre ces deux pourcentages provient malheureusement des décès et aussi de quelques non-renouvellements.
884, voici le nombre de pages des 5 livres qui ont été produits par la Société historique :
– Lanton raconté par ses rues et lieux-dits (112 pages) sous la direction d’Alain de Neuville, a été réalisé avec l’aide de la Ville de Lanton ; il est sorti le 14 septembre, actuellement il ne nous reste quasiment plus d’exemplaires sur les 540 imprimés.
– Histoire d’Audenge (232 pages), sous la direction de François Thierry avec le soutien de la Ville d’Audenge. Tout en couleurs, il est sorti le 17 novembre, les ventes marchent fort. À noter que cet ouvrage est, nous l’espérons, le premier d’une série dédiée à l’histoire d’une commune du Pays de Buch.
– Le Petit guide des ports de Biganos (32 pages) rédigé et illustré par Yves Dessales. Pour cette brochure, nous avons bénéficié de l’appui de la Ville de Biganos. Depuis sa sortie le 15 décembre, le public lui a réservé un excellent accueil.
De plus, avec Geste Éditions deux livres de commande ont vu le jour :
– Se souvenir de La Teste-de-Buch de Michel Boyé (238 pages),
– Se souvenir du Bassin d’Arcachon de Michel Boyé et Alain Espinasseau (270 pages).
Pour ces deux ouvrages, notre Société recevra des droits d’auteur.
14, voici le nombre de séances de dédicaces de nos livres afin d’en assurer la promotion.
448, comme chaque année, c’est le nombre de pages de nos quatre bulletins trimestriels avec cette année 32 pages couleurs dans le bulletin de juillet. Vous y avez découvert et apprécié 35 articles écrits par 22 auteurs dont plusieurs sont nouveaux. Nous leur adressons nos remerciements et nos félicitations. Nous saluons le bon travail de notre maquettiste bénévole et de notre imprimeur.
65 correspond au nombre de permanences d’accueil de nos adhérents et du grand public : 51 à Arcachon les mercredis et 14 à Audenge les vendredis. Nous avons eu la joie, grâce à l’implication de la Ville d’Audenge, de pourvoir utiliser des locaux à la Villa Rouge, ancien Office de Tourisme, en parfaite adéquation avec nos besoins.
61, c’est le nombre de panneaux de 3 expositions qui ont vu le jour en 2013 :
– Femmes d’exception en Pays de Buch, concue par Madeleine Dessales et inaugurée à Biganos,
– La ligne des Chemins de fer économiques de Facture à Saint-Symphorien conçue par Michel Hugue et dévoilée à Mios,
– La vigne et le vin en Pays de Buch conçue par Yves Dessales et présentée à Audenge.
Ces trois expositions, comme celles réalisées les années précédentes, ont évidemment vocation à être présentées au public dans d’autres communes.
26, voilà le nombre de visites sur le terrain organisées soit à l’initiative de la Société, soit sur sollicitation d’associations amies ou d’institutions diverses. Parmi elles, l’Office de tourisme de La Teste-de-Buch nous demande chaque été d’animer des visites Figures testerines et vieux bâti comme celle à laquelle vous participerez cet après-midi sous la conduite de deux de nos guides particulièrement motivés et connaisseurs.
24, voici le nombre de conférences données durant l’année sur des sujets divers, souvent sur demande de partenaires associatifs ou institutionnels.
19, il faut que vous sachiez que c’est le nombre d’associations avec lesquels nous avons mené des actions cette année : conférences, visites, manifestations diverses. Nous les saluons amicalement. Nous avons notamment la chance d’entretenir des relations suivies d’une qualité exceptionnelle avec l’équipe de l’Université du Temps libre d’Arcachon (UTLARC).
16, c’est le nombre de cours d’histoire locale du mercredi et d’ateliers de travaux pratiques d’histoire locale du mardi que nous avons organisés dans la cadre de l’UTLARC précédemment citée. Nous remercions tous nos intervenants qui ont préparé, réalisé les supports audiovisuels, rédigé les documents d’accompagnement et animé efficacement ces cours devant une assistance nombreuse et captivée.
18, vous ne l’ignorez point, il s’agit du nombre de communes de notre zone d’activité : le pays de Buch. Nous sommes intervenus peu ou prou dans 15 d’entre elles.
Ceux qui veulent connaître les communes que les circonstances ont fait apparaître comme les mieux desservies par la Société, peuvent noter 21 interventions à Arcachon, 17 à La Teste-de-Buch, 10 à Audenge, 7 à Bignaos, 4 à Gujan-Mestras, 3 à Lanton, etc.
Parmi ces 18 communes, nous avons eu le plaisir de recevoir des subventions de fonctionnement de 9 d’entre elles. Nous les en remercions chaleureusement. Comme chaque année, nous saluons l’effort de la Ville d’Arcachon pour sa dotation mais aussi pour les locaux qu’elle nous attribue à la Maison des Associations. Parmi les autres villes qui nous soutiennent, Nous remercions les autres villes qui nous soutiennent : La Teste-de-Buch et Audenge mais aussi Andernos-les-Bains, Gujan-Mestras, Marcheprime, Lanton, Biganos, Mios et Arès.
13, c’est un porte-bonheur (pour ceux qui y croient), c’est aussi le nombre de stands que nous avons animés dans les communes pour nous faire connaître auprès du grand public et vendre nos publications, lors des forums des associations notamment.
12, correspond … au nombre de mois de l’année ! Chaque fin de mois tous nos adhérents et partenaires possédant une adresse électronique, reçoivent notre lettre d’information. Celle-ci complète et actualisela Vie de la Société paraissant dans le Bulletin et permet d’améliorer la proximité entre les membres de la Société et l’équipe des dirigeants.
8, c’est le nombre de médias qui se sont intéressés à nous : Sud-Ouest, La Dépêche du Bassin, Le Courrier Français, TVBA, Plage FM, France Bleu Gironde, mais aussi TF1 avec ses informations de 13 h 00 et France 3 avec l’émission Météo à la carte.
4 de nos communes possèdent des services d’archives (Arcachon, Gujan-Mestras, La Teste-de-Buch et Mios) ; dans d’autres communes, des commissions gèrent efficacement les archives locales comme au Porge ou à Salles. Nous sommes heureux que de plus en plus d’entre vous effectuent des recherches dans ces communes ainsi qu’aux Archives Départementales et Archives Municipales de Bordeaux.
2films qui nous touchent de près ont été présentés au Palais des Congrès d’Arcachon :
– Les frères Pereire, le roman d’un capitaliste heureux de Michel Cardoze dont la sortie eu lieu à Arcachon et pour lequel nous avions effectué un très intéressant travail de préparation avec le réalisateur
– Une pensée du Courneau de Serge Simon que nous avons eu plaisir de présenter à Arcachon avec nos partenaires de l’UTLARC, déjà citée.
Évidemment d’autres actions ont bien occupé certains d’entre nous. Citons pêle-mêle :
– La gestion habituelle d’une association de plus de 700 membres : réunions de conseil d’administration et de bureau, gestion du local, de son équipement, du courrier, organisation de notre bibliothèque et de nos archives, mise à jour de notre site Internet www.shaa.fr
– Les Journées Européennes du Patrimoine sont un nos moments forts à la fin de chaque été. En 2013, nous étions impliqués dans cinq communes : Andernos-les-Bains, Arcachon, Gujan-Mestras, La Teste-de-Buch et Lanton. Dès après-demain, la Ville d’Arcachon nous a conviés pour déjà commencer à préparer les journées de 2014.
– La préparation du Centenaire de la Grande Guerre. Nous avons commencé à travailler avec certaines communes qui ont souhaité s’impliquer et nous ont sollicités (citons notamment Arcachon, Gujan-Mestras, La Teste-de-Buch, Marcheprime…). La Société, quant à elle, a aussi son projet qui couvrira l’ensemble de nos communes. La constitution de la base globale des Morts pour la France est déjà bien avancée avec l’aide de plusieurs d’entre vous.
– La participation aux activités de la Fédération historique du Sud-Ouest qui regroupe une quarantaine d’associations historiques dont la nôtre : congrès annuel organisé en 2013 à Sainte-Foy-la-Grande, enquêtes sur l’alphabétisation et sur les conseillers généraux.
– Le recensement du patrimoine funéraire. C’est une tache longue mais essentielle par ses aspects historiques et patrimoniaux. En 2013 nous avons fait avancer la connaissance des cimetières de La Teste-de-Buch et d’Arcachon.
– L’Anniversaire de la naissance de Gabriele D’Annunzio qui a séjourné au Moulleau entre 1910 et 1915.
– L’élaboration des ouvrages Mios raconté par ses rues et lieux-dits et des Villas d’Arcachon chez Geste Éditions qui seront présentés en 2014.
– La numérisation de la presse ancienne.
Enfin, c’est important, nous sommes heureux d’avoir collaboré modestement à une exposition magnifique qui a eu lieu dans cette salle en octobre, pendant trois semaines. L’Histoire de La Teste-de-Buch – Mythes et réalités, était organisée par l’Association de Préfiguration du Musée (AAPM) dont nous sommes membre fondateur et la Ville de La Teste-de-Buch avec son Projet Musée. Philippe Jacques va nous donner dans quelques minutes l’essentiel de ce que les travaux récents ont pu apporter à l’évolution de la connaissance de l’histoire locale.
Nous sommes impatients de voir la création de ce grand musée local dont nous rêvons tous depuis longtemps.
Merci de votre attention.

Aimé Nouailhas

Perspectives pour la Société historique

Comme on l’a constaté dans le rapport d’activité, la Société historique s’efforce de répondre à une demande sociale grandissante d’histoire et de patrimoine, et le fait sous des formes de plus en plus variées.

Néanmoins, comme les coprésidentes l’ont indiqué dans l’éditorial du bulletin n°158, « l’horizon de la Société n’est pas écrit d’avance ». Le nouveau conseil d’administration élira mercredi prochain un nouveau bureau, avec une nouvelle présidence, et définira les orientations pour les années à venir.

Dans la continuité du travail accompli, on peut insister tout de même sur la volonté réaffirmée de mieux couvrir le champ géographique du Pays de Buch, symboliquement marquée par la représentativité des deux coprésidentes (l’une issue du sud, l’autre du nord du Bassin), et qui se traduira aussi par l’élection des nouveaux membres du conseil d’administration.

On peut aussi mettre en avant la volonté de plus en plus marquée d’une liaison plus directe avec les adhérents, et celle de les associer aux activités : outre le site Internet dont on va reprendre les travaux de rénovation grâce au travail approfondi de notre collègue Noël Courtaigne, revenons sur l’existence d’une lettre mensuelle numérique d’information sous la responsabilité d’Alain Espinasseau, secrétaire-adjoint.

Dans le même ordre d’idées, on peut observer la multiplication des parcours historiques pour une meilleure appropriation des traces de l’histoire dans le paysage local, notamment lors des Journées européennes du patrimoine (à noter la création récente d’un guide pour les ports de Biganos par Yves Dessales).

Enfin, notre « pédagogie de l’histoire » s’est développée à travers cours et travaux pratiques donnés dans le cadre de l’UTLARC pour inciter au véritable travail historique.

Tous ces axes se renforceront à l’avenir, notamment à travers un thème de travail déjà en partie lancé après son évocation par Michel Boyé à la précédente AG, il s’agit bien sûr de la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale.

D’ailleurs, le lancement officiel de la commémoration s’est effectué dès 2013, avec la mise en place des comités départementaux sous l’égide des préfets, et la Société de par ses missions se devait de réfléchir à son implication.

Des projets municipaux sont déjà mis en place, comme celui de La Teste-de-Buch concernant la base de Cazaux, le camp du Courneau et la nécropole du Natus. La Société se doit de les accompagner si les municipalités le souhaitent (comme à Arcachon, Gujan-Mestras et Marcheprime).

Pour ce faire, le livre édité par la Société « 1914-1918 le Bassin d’Arcachon » qui en est à sa deuxième édition, est d’ores et déjà un ouvrage de référence, ainsi que tous les articles publiés par les auteurs dans le bulletin sur le sujet. Il n’est donc pas question de refaire ce qui existe, mais de compléter l’étude et de changer l’angle d’attaque, qui était alors d’abord militaire.

– La nouvelle approche pourrait épouser la philosophie du comité scientifique de la mission du centenaire, qui consiste à partir du vécu de la population, à l’époque et maintenant. La commémoration se veut en effet une sorte de restitution de la grande épreuve nationale que le pays a traversée.

Certes le Bassin d’Arcachon est loin du front, mais il est d’autant plus intéressant de se demander en quoi et comment il a participé à l’effort de guerre.

– Une des premières sources est bien sûr la presse locale, c’est aussi le principal vecteur d’instrumentalisation de l’opinion de l’époque : c’est pourquoi nous avons lancé une chronique passé-présent « il y a 100 ans » éditée électroniquement et jointe à la lettre mensuelle. Il s’agit chaque mois de faire faire une démarche d’identification aux habitants actuels vis-à-vis de leurs ancêtres, en leur donnant à lire un morceau d’article de journal du mois correspondant de l’époque. Un commentaire historique d’accompagnement aide à comprendre le document, mais le but est d’associer le plus directement possible les lecteurs à leur histoire.

– La participation à l’effort de guerre qui vient tout de suite à l’esprit, est assurément celle du sang versé, c’est aussi celle qui laisse le plus de traces tangibles dans les familles à travers les générations, et dans les territoires par le biais des monuments aux morts et des sépultures.

Plusieurs types de travaux sont prévus dans ce cadre : une étude synthétique des monuments aux morts du Bassin à la manière des lieux de mémoire de Pierre Nora et des recherches d’Annette Becker, ainsi que des parcours de découverte de ces monuments associés aux cimetières.

En parallèle, la création collective d’une base de données commune et exhaustive des morts pour la France du Bassin est déjà en cours, grâce au travail et au pilotage d’Alain Espinasseau. À partir des noms de chaque commune, il s’agit de retrouver les soldats sur les registres d’état civil, et sur les listes des archives de la Défense, notamment grâce au site « Mémoire des hommes ». Ainsi on renseigne pour chacun sur un tableau des éléments militaires mais aussi sociaux. On pourra mener ensuite une analyse globale et en tirer des observations et significations, à comparer avec celles d’autres régions. Un livre d’or pourra être publié in fine. Ce projet associe réellement les adhérents à une démarche de recherche historique. Nous nous réjouissons qu’il rencontre de l’écho et ce grâce à l’appui des archivistes du Bassin, comme Mme Polèse à La Teste-de-Buch.

On pourra aussi utiliser la même méthode pour étudier l’ensemble des mobilisés. Il serait intéressant de le faire au moins pour les premiers en 1914.

– Au-delà de cette démarche quantitative, on peut aussi proposer des pistes thématiques pour mesurer comment s’est traduite (ou non) la guerre sur le Bassin d’Arcachon : celui-ci serait conçu comme un exemple de région de l’arrière, de « petite patrie » dans la guerre. L’idée serait surtout de dégager ses originalités, bien entendu.

Il s’agit là d’un travail de longue haleine (il est vrai qu’on a 5 ans pour le faire !) à affiner et débattre avec le prochain CA. Il nécessite d’abord la définition d’un corpus de sources (locales, départementales, nationales) et la constitution d’une équipe, même si cette dernière peut être à géométrie variable. En effet la répartition du dépouillement des sources permettrait une plus grande efficacité, mais il faut une grille de lecture commune afin de regrouper ensuite les notes par thèmes.

Plusieurs points pourraient être abordés : le domaine administratif (adaptation des structures à la guerre), le domaine de la santé (hôpitaux militaires par exemple déjà évoqués dans l’ouvrage sur 1914-1918), le domaine social (on sait que les réfugiés étaient nombreux) (œuvres caritatives) (vie mondaine)… (travailleurs et travailleuses de guerre, mouvements sociaux), le domaine économique (ravitaillement, prix, industries de guerre, activités traditionnelles), le domaine politique et idéologique (état d’esprit de la population).

Bien sûr, il ne faut pas négliger les sources privées et remercier les familles qui ont commencé à apporter leurs documents, issus souvent des combattants eux-mêmes (carnets, correspondances, mémoires) chez nous et surtout dans les services d’archives dans le cadre de la grande collecte. Ils pourront faire l’objet le cas échéant de publications dans le bulletin. Dans le cas de corpus importants, ils pourront même faire l’objet d’études approfondies, ainsi la correspondance de Raymond Garnung de Mios, père de feu notre ami et collègue Jean-Claude Garnung, publiée chez l’Harmattan.

Armelle Bonin-Kerdon

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